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Plus que 39 jours

Faisons le point.

La Collecte Kiss Kiss Bank Bank arrive bientôt à la moitié du montant prévu, un peu en avance sur le calendrier qui lui, n'en est pas encore la moitié de la durée prévue. C'est encourageant !

Les fools en sont fools... de joie.

Annie Oui-Oui, assistante du metteur en scène

– Ariane pense que les calembours, c'est vraiment nul et que ça ne fait pas du tout théâtre populaire. Elle dit que c'est bon pour les imbéciles !

Cassiopée Lombilic, vieille comédienne.

– Edmond, y'a Ariane qui parle de toi ! il paraît que t'aimes ça toi, les calembours....

Mina, jeune public.

– Vous allez par recommencer à vous disputer ! moi je voudrais entendre la suite des Timazo.

Lady Dascalie, critique dramatique.

– Les p'tis masos ? Avec un titre pareil c'est certainement pas pour les enfants. 

Marcel Proudhon-Panurge, dramaturge.

– D'ailleurs, le théâtre, ce n'est pas pour les enfants, ils manquent de maturité...

Mino, jeune public.

– Bon, les ancêtres, vous pouvez faire un peu de silence pendant que les immatures s'instruisent ?

Edmond Négo, vieux comédien.

– T'as entendu Cassiopée ? Y'a le p'tit qui parle de toi !

Chapitre 2 - Les souvenirs du Batut, un nom. 

Pendant deux semaines, Zoé Mat et Titi perfectionnèrent le « pestacle » comme disait Titi. D’un grenier plein de bric-à-brac, Christian sortit deux malles qu’ils nettoyèrent avant de les ouvrir. Il s’échappa de la première une puissante odeur de naphtaline. Elle était pleine de grandes boites plates en carton blanc, et chaque boite contenait, soigneusement enveloppé dans du papier de soie, un magnifique déguisement. Il y avait un costume de Pierrot tout blanc avec son petit chapeau pointu, une tenue de cow-boy avec gilet de cuir, chemise, foulard, pantalon, bottes à éperons et grand chapeau, des tenues de femme aussi, un tutu romantique, un justaucorps à paillettes, des robes, bref, un véritable trésor que les enfants regardaient d’un air émerveillé. 

– Que c’est beau, dit Zoé,

– C’est des habits de lumière, dit Titi.

L’autre malle était pleine de balles et de massues de jonglage, d’accessoires et de costumes laissés là « par un copain qui avait fait du cirque » disait Christian. Pendant plus d’une heure, il leur expliqua comment on utilisait chaque accessoire avec tant de précision que Mat se demanda si le « copain » n’était pas Christian lui-même. Il mit le tout à leur disposition. Mat déclara avec autorité que les costumes étaient pour le moment trop beaux pour eux et qu’ils ne les utiliseraient que « quand ils en seraient digne ». Avec un peu de regret, il les remirent dans leurs boites et refermèrent la malle, puis se mirent immédiatement à travailler le jonglage. Christian était un excellent professeur : avec lui, ils apprenaient à toute vitesse et en s’amusant. Après quelques jours, Titi et Zoé avaient inventé un exercice qui leur plaisait beaucoup : face à face, ils jonglaient en s’envoyant des massues à toute vitesse puis, pour corser le difficulté, ils y ajoutaient une vieille godasse, un biberon, une casserole, une bougie, un manche d’outil, une trousse d’écolier, un cure-pied, une tour Eiffel en plastique, un cintre… Ils étaient si acharnés à ce jeu qu’un matin, le facteur un peu inquiet, dût passer sous cette arche mouvante d’objets hétéroclites après avoir attendu en vain qu’aucun des deux ne consente à s’arrêter.

 

Les deux semaines passèrent à la vitesse de l’éclair. Les nuits paisibles dans le foin leur faisaient oublier les mauvais jours. Mat écoutait leurs respirations profondes et se demandait si ce n’était pas une erreur de les avoir emmenés comme ça, au hasard. Mais une petite voix lui disait que c’était bien la chose à faire, et que Christian et ce lieu magique étaient ce qui leur était arrivé de mieux depuis bien longtemps. Puis, en imaginant ou en espérant que Christian connaissait son père, qu’il savait où il se trouvait, Mat s’endormait à son tour en écoutant le chant de la chouette.

 

Les deux semaines étaient presque écoulées quand Christian dit à Mat :

– Est-ce que ça te dirait de jouer votre spectacle à Traguas avant de partir ? Vous pourriez jouer sur la place du marché. Le samedi, il y a toujours un peu de monde en ville… les gens vous verraient… comme ça vous sauriez si ça vaut la peine de continuer…

– Il faut que je demande à Zoé et Titi.

Il y eut un silence et Christian demanda :

– Tu sais où aller maintenant ?

– Oui, Titi te l’a dit : nous allons gagner notre vie en jouant de ville en ville. Les gens nous donneront de l’argent et on se débrouillera comme ça.

– Mat… commença-t-il,

– Non, Christian, je sais ce que tu vas dire, « Ce n’est pas une vie, vous êtes trop jeunes » etc. mais tu ne sais rien de nous et j’ai pas envie que tu me fasses la morale…

Christian sourit.

 – Je voulais juste te dire que vous pouvez emporter les malles. Je vous les donne.

Mat lui serra la main.

– Excuse-moi… merci.

Quoi ? quoi ? Le Batut, ça existe pour de vrai ?

Quoi ? quoi ? Le Batut, ça existe pour de vrai ?

Tag(s) : #KKBB, #Timazo

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