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Plus que 44 jours

C'est la fin des Festival aujourd'hui.

Vous avez bien mérité un petit bout de la suites des Timazo

Voici la suite et fin du premier chapitre

Lorsqu’ils s’arrêtèrent au milieu de la cour, Zoé et Titi qui se taisaient depuis des heures, ont enfin prononcé quelques mots en voyant les chevaux. Christian est sorti pour voir qui arrivait. Mat l’a reconnu tout de suite. Il n’avait pas changé, toujours mince et nerveux comme une lame, avec un air farouche de musicien gitan, il regardait calmement le camion et Mat qui traversait la cour pour venir à lui.

– Bonsoir, Christian. Je m’appelle Mat.

Puis, en désignant les petits dans le camion,

– Eux, c’est Zoé et Titi.

– Comment sais-tu mon nom ?

– Vous connaissez mon père. Il s’appelle Gianni.

Il eut une lueur dans les yeux, et l’ombre d’un sourire.

– Ah oui… Vous êtes venus tous les deux, je me souviens… c’était il y a longtemps…

Mat ne dit rien, soutint son regard. Il reprit :

– Vous avez faim, je vous prépare quelque chose. Allez vous installer dans le fenil, là, en face. Evidemment vous ne faites pas de feu. On parlera tout à l’heure. Et il tourna les talons.

Mat avait le vertige, ses mains tremblaient. Toute la fatigue de la journée lui tombait d’un coup sur les épaules, avec la peur d’être rattrapés, repris, ramenés….

Ils se sont installés dans la bonne odeur du foin. Après le repas les petits, épuisés, sont allés dormir dans le foin pendant que Mat expliquait la situation à Christian en essayant de ne pas trop en dire. Ce n’était pas bien difficile : il n’était pas curieux. Le nom de Gianni, le père de Mat, semblait être une garantie suffisante et il ne tenait pas à en savoir plus. Il dit :

– Vous pouvez rester ici, mais dans deux semaines, il y a un groupe qui vient. Quinze personnes. Je ne pourrai pas vous garder.

– Deux semaines c’est déjà formidable dit Mat. On pourra vous aider pour les chevaux…

– Si tu veux… Vous savez monter ?

– Non.

– Bon, on verra ça demain.

Mat tombait de sommeil.

Blottis dans le foin, les deux petits dormaient à poings fermés. On entendait au loin le bruit d’une rivière et parfois le cri d’une chouette. Mat l’entendit crier une seule fois avant de s’endormir à son tour.

Les deux semaines qui suivirent furent des moments de pur bonheur. Christian leur donna toute sorte de travaux à faire comme nettoyer les stalles des chevaux, leur donner à manger, les brosser… Titi était tout fou. Il courait partout, suivait Christian comme son ombre, réclamait sans cesse de l’ouvrage, voulait savoir les noms de tous les chevaux, des poneys, des chiens, des chats, tout l’intéressait. Pour avoir la paix, Christian lui proposa de monter à cheval. De joie, Titi devint écarlate.

– Je veux monter sur celui-là, dit-il.

Il montrait, dans le pré, Ouragan, un magnifique étalon bai, le plus grand de tous les chevaux du Batut. Sans discuter, Christian le posa sur le dos nu du cheval.

– Tiens-toi à la crinière et débrouille-toi.

Les jambes de Titi étaient trop courtes pour descendre le long des flancs d’Ouragan, mais il avait un tel plaisir à occuper cette place de roi qu’il aurait fallu un tremblement de terre pour le déloger. Ouragan avait supporté des cavaliers bien plus lourds. Il se mit paisiblement en marche. Titi, un instant balloté, trouva très vite le bon équilibre. De la voix, Christian encouragea le cheval à marcher plus vite. Ouragan prit le petit trot et Titi se mit à rebondir comme une balle, mais trouva de nouveau le moyen d’épouser les mouvements du grand animal et de faire corps avec lui, parfaitement à son aise.

Lorsque Christian arrêta Ouragan, Titi sauta par terre avec la facilité d’un gymnaste.

– Où est-ce que tu as appris à faire ça ?

– Ben, c’est avec Mat et Zoé, pour les pestacles ! On va faire le tour du monde !

– Ah ouais ?

– Ben Ouais ! Qu’esse tu crois ? Titi se tourna vers Zoé. Je peux lui dire, tu crois ?

– Oui, mais à une condition, dit Zoé,

– Quoi ?

– Moi aussi je veux monter sur Ouragan !

– On dit : « moi aussi je veux monter Ouragan », corrigea Christian tout en la hissant à son tour sur l’étalon.

Elle partit presque immédiatement au trot, avec la même aisance que Titi et sur le visage, la même satisfaction. Christian la suivait des yeux pendant que Titi lui expliquait.

– Tu vois, c’est pasque maintenant on est devenus des vrais artisses ambulants. Ça fait longtemps qu’on a décidé ça, avec Mat et Zoé, quand on serait partis on vivrait en faisant des pestacles et les gens nous donneraient des sous et comme ça, on voyagerait tout le temps et on ferait le tour du monde, à force.

– Alors c’est pour ça que t’as appris à monter à cheval ?

– Hein ? Mais non ! C’était la première fois ! Je te jure ! Et Zoé aussi, elle est jamais montée à cheval, pourquoi tu dis ça ?

En bas du pré, Zoé se couchait sur l’encolure d’Ouragan pour le faire courir plus vite et le mettre au galop. Christian n’avait jamais vu autant d’aisance chez un débutant. Même les cavaliers confirmés étaient souvent mal à l’aise lorsqu’ils montaient « à cru », mais Zoé s’entendait parfaitement avec sa monture. Tout en la suivant du regard il demanda à Titi :

– Qu’est-ce que tu fais, toi, dans le spectacle ?

– Tu veux voir ?

Tout fier, Titi ôta ses chaussures et, pieds nus dans l’herbe, enchaîna une série de sauts, flips et sauts périlleux, marcha sur les mains fit l’équilibre sur un bras, se laissa tomber pour faire une roulade… il était rebondissant et élastique comme un cabri.

– Tadam ! fit-il en terminant son enchaînement bras écartés et un genou en terre comme font les gymnastes de cirque.

– Tu lui a montré ? demanda Zoé en sautant à côté de lui depuis l’encolure d’Ouragan. Alors ? demanda-t-elle à Christian.

– Alors je crois que j’ai des choses qui vont vous intéresser. Vous savez jongler ?

– Non.

– On va arranger ça.

Tag(s) : #KKBB, #Timazo

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